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      Un jardin dans une maison en ville : coaching pour une fresque

      un essai d'Isabelle Bonzom et Capucine Néouze

      Capucine Néouze réalisant sa fresque

      Capucine Néouze, peintre et architecte, a demandé à Isabelle Bonzom, artiste fresquiste, auteure du livre "La fresque, art et technique" et fondatrice de l'association Pari(s) Affresco, de la former à l'art de la fresque pour la conception et la réalisation d'une fresque sur un grand mur de sa future maison à Paris.

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        Les étapes de la formation et de la réalisation de la fresque de Capucine Néouze. Crédits photos : Isabelle Bonzom

        À travers Pari(s) Affresco, Capucine Néouze avait suivi un premier stage d'initiation au buon fresco, peinture sur enduit frais composé de chaux aérienne. Durant cette formation de seize heures, Capucine avait peint deux fresques sur des briques. Elle avait pu découvrir quelques aspects des particularités du buon fresco et elle avait, semble-t-il, apprécié de peindre sur le support vivant qu'est l'enduit frais.

         

        Quelques mois plus tard, elle me demande de la former pour réaliser une fresque sur un mur de sa future maison. Il y avait urgence car la maison était en chantier de rénovation et la fresque devait être réalisée avant la pose du parquet. La paroi de quatorze mètres carrés, que Capucine souhaitait peindre, s'étalait sur deux étages dans un escalier étroit. Cette configuration renforçait le défit technique pour une débutante. Capucine ne s'était jamais exercée sur mur, c'était un autre défit majeur d'autant que le coaching devait se dérouler dans le cadre de la réalisation d'une fresque pérenne. Il n'y avait pas de phase probatoire : Capucine ne pouvait pas s'exercer avant de se lancer pour créer une oeuvre définitive. Ayant observé et apprécié la façon de peindre de Capucine lors de ses deux premières fresques sur panneaux durant le stage d'initiation qu'elle avait suivi, j'ai accepté sa demande de la former.

         

        J'ai donc conçu une formation sur mesure comprenant une première phase de théorie et de préparation des maquettes. Puis, il y eut une phase d'essai sur le mur qui s'avéra être une réussite, Capucine étant très réceptive. Nous avons donc intégré cette première tentative dans la fresque finale. Enfin, ce fut la troisième et dernière phase de réalisation de la fresque. Entre chaque phase, Capucine travaillait en autonomie à la réadaptation de la maquette, au dessin des poncifs, à la préparation de couleurs. Au total, le coaching constituait une formation personnalisée de plus de cent trente heures.

         

        Durant ce coaching, Capucine a abordé les aspects purement techniques comme la réalisation de la sinopia (l'esquisse sur le mur) ou le morcellement de l'image et des enduits par giornate ou bien encore la gestion du temps de la peinture en fonction de la carbonatation de la chaux. Capucine a aussi abordé les questions plastiques et purement esthétiques liées au buon fresco telles que les superpositions des couches picturales, leur fluidité ou opacité, la gravure faisant partie intégrante de la fresque, le jeu avec l'enduit de chaux, la vue d'ensemble et la vue de près ou le rapport à l'espace. Ce fut un plaisir de transmettre mon art, mon savoir et mon expérience, à Capucine car elle apprenait vite, elle avait surtout un sens aigu de l'adaptation nécessaire à fresque et sa façon de peindre se mariait bien aux exigences de la peinture à fresque.

         

        En effet, le buon fresco demande légèreté, souplesse et dynamisme. Les sens de l'adaptation, des contrastes et des couleurs sont convoqués. Il incite à développer le rapport à l'espace et le dialogue avec le support vivant de l'enduit de chaux. On n'a pas droit à l'erreur, il faut savoir se rattraper, trouver des solutions et laisser faire la peinture. Le buon fresco est une réelle performance. Capucine a su explorer une belle gamme du langage si particulier du buon fresco et l'a adopté. Cette formation, qui s'est étalée sur trois mois, a aussi permis d'échanger sur nos pratiques et nos réflexions d'artistes. 

         

        Isabelle Bonzom : Qu’est-ce qui t’a amenée à vouloir apprendre la fresque?

        Capucine Néouze : Toutes mes démarches artistiques ont comme point commun la mise en valeur du support choisi car l’envie de créer débute, pour moi, par la rencontre avec la matière.

        Je cherche toujours à ouvrir le champ des possibles pour conjuguer ma peinture avec la nature du support, son histoire, sa taille, son toucher… 

        Ces multiples variations sont autant de contraintes qui déclenchent mon inspiration et me font varier les techniques de peinture à adapter en fonction. 

        J’ai peint douze ans en Chine.  La mutation des villes chinoises était impressionnante. J’ai commencé par récupérer des portes vouées à la décheterie pour leur donner une seconde vie en faisant apparaître des visages à travers les lattes de bois. Au grè du temps, j’ai travaillé sur bois, métal, verre, porcelaine ou soie.

        Aujourd’hui je suis le projet de rénovation de notre futur logement; ce sont les murs qui ont appelé la fresque.

         

        IB : Dans ta fresque, tu fais référence aux fresques romaines de la Villa Livia ou au "Printemps" de Botticelli. Travailles-tu toujours en faisant des références à l’histoire de l’art?

        CN :  Pas directement, comme j’ai pu en ressentir le besoin pour ce premier travail à fresque. Je l’ai ressenti comme une nécessité car la fresque renvoyant à l’histoire de l’art, elle appelle le respect.  

         

        IB : Qu’as-tu apprécié dans le coaching?

        CN : Le soutien et la grande confiance que tu installes. Les multiples portes que tu ouvres en présentant à chaque fois que cela se présente les différentes richesses de cette pratique. Passer du temps comme ça autour de la peinture avec un coach comme toi, c’est génial!

         

        IB: Qu’apprécies-tu dans la peinture à fresque? Que retiens-tu ?

        CN : L’ambiguïté d’un matériau à la fois très exigeant mais avec lequel on peut aussi tout faire! 

        L’inattendu que la matière apporte ainsi que sa volupté.

        Le côté très vivant de la pratique, la possibilité de travailler à grande échelle et avec l’espace. 

        La nécessité de passer sans cesse entre effort physique du maçon et concentration du peintre. 

        Le challenge car l’engagement est fort quand on passe à la fresque ! 

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